Décentralisation et environnement :  Pollution et nuisances au cœur des échanges entre gouvernement et maires du Grand Lomé

 

 

 

Décentralisation et environnement :

 Pollution et nuisances au cœur des échanges entre gouvernement et maires du Grand Lomé

Le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, le colonel Awaté Hodabalo, a présidé, le jeudi 26 février 2026, une rencontre d’échanges avec les maires du Grand Lomé et d’Avé 2, consacrée aux enjeux environnementaux et à la gestion urbaine.

La séance de travail, tenue dans la grande salle du cabinet du ministère, s’est déroulée en présence du ministre de l’Environnement, des Ressources forestières et de la Protection côtière, le Professeur Komlan Dodji Kokoroko, ainsi que de plusieurs responsables administratifs, dont le directeur de cabinet Robert Bakaï, le secrétaire général Esso Koudjoou et le directeur de la Décentralisation, Dr Pali Essossinam.

Dès l’ouverture, le colonel Awaté Hodabalo a rappelé la portée stratégique de la rencontre, soulignant le rôle central des maires dans la mise en œuvre de la vision de développement impulsée par le Président du Conseil, SEM Faure Essozimna Gnassingbé. Les collectivités territoriales, a-t-il indiqué, constituent un maillon essentiel de la gouvernance locale et doivent garantir aux populations un cadre de vie sain et durable.

Il a insisté sur leurs responsabilités en matière de gestion des déchets, de lutte contre la pollution et d’assainissement, en attirant particulièrement l’attention sur les conditions souvent inappropriées de destruction des produits périmés et contrefaits. Le ministre a également salué la qualité de la collaboration avec son collègue en charge de l’Environnement, qu’il a jugée déterminante pour l’application efficace des politiques publiques environnementales.

Abordant la question de l’occupation anarchique de l’espace public, notamment du littoral et d’autres zones sensibles, il a appelé à des stratégies adaptées pour réaffirmer l’autorité de l’État et assurer une organisation plus rationnelle de l’espace urbain, tout en renforçant la synergie d’action entre les collectivités.

Prenant la parole à son tour, le Professeur Komlan Dodji Kokoroko a inscrit les échanges dans une dynamique de dialogue et de clarification stratégique. Citant l’adage selon lequel « la décentralisation sans déconcentration n’est que ruine de l’État », il a souligné la nécessité d’une parfaite maîtrise des textes en vigueur afin d’éviter toute confusion dans l’exercice des compétences.

Il a rappelé que le littoral togolais relève de la compétence exclusive de l’État, qui peut en déléguer partiellement la gestion à titre exceptionnel. Il a mis en garde contre toute contractualisation avec des occupants illégaux, qualifiant de fraude de telles pratiques et précisant qu’elles engagent la responsabilité personnelle et institutionnelle de leurs auteurs. L’objectif, a-t-il expliqué, est d’harmoniser l’interprétation des règles applicables.

Évoquant les perspectives, il a annoncé l’ouverture prochaine d’un dialogue avec les occupants concernés, privilégiant une approche humaine et inclusive, tout en appelant à la dépolitisation du dossier. Il a également insisté sur la valorisation durable du littoral, l’amélioration de la gestion des déchets et l’accompagnement des collectivités dans l’élaboration de projets structurants. L’intercommunalité a été présentée comme un levier stratégique pour renforcer l’efficacité des compétences locales.

La directrice de l’Environnement, Yaou Mery, a pour sa part animé une communication technique sur la pollution et les nuisances, mettant en lumière les défis actuels, les actions prioritaires et les procédures à respecter en cas de destruction de produits périmés ou contrefaits.

Jugés fructueux, les échanges ont débouché sur plusieurs recommandations. Les deux ministres ont insisté sur la nécessité d’une action concertée, d’une harmonisation des interventions et d’une gestion cohérente de l’espace urbain. À l’issue de la rencontre, les maires sont repartis avec une vision clarifiée de leurs responsabilités et des orientations à suivre pour une gouvernance locale plus efficace et respectueuse de l’environnement.